exhibition

Exposition d'Œuvres des Peintres Trachsel, Gérardin, Picasso


ID: 12, Status: proof read
Exhibition period:
Feb 25‒Mar 6, 1905
Type:
group
Organizing Bodies:
Galeries Serrurier
Ticket Price:
Entrée libre
Quickstats
Catalogue Entries: 75
Types of Work: painting and drawing: 41, other medium: 6, unknown: 28
Artists: 3
Gender: female: 0, male: 3
Nationalities: 3
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Date Title City Venue Type
Date Title City Venue # of common Artists
Catalogue
Exposition d'Œuvres des Peintres Trachsel, Gérardin, Picasso. 1905.
Nr. of pages: [7].
Holding Institution: Frick Art Reference Library
Preface
Morice, Charles : Trachsel, 2 p.

"JUSQ’A ce jour Trachsel est surtout connu pour ses étranges et belles compositions architecturales, réunies en un vaste album – devenu introuvable – sous ce titre : « Les Fêtes réelles ». On pouvait dès cette publication deviner un peintre chez cet architecte, savant, mais bien moins soucieux de faire preuve d’érudition que de rappeler ses confrères et le monde aux sources éternelles de son art, c’est-à-dire à l’intelligence des formes humaines et des harmonies massives de la nature.

Sans renoncer à ses rêves de constructions gigantesques, d’édifices somptueusement simples, de palais et de temples où les vivants pourront solenniser les cérémonies d’une Religion vraie de la vraie Vie, célébrer, avec le concours de tous les arts, les fastes de la solidarité, de la fraternité, de l’Amour – mais en attendant, soit que ses contemporains aient retrouvé le sens de ces seuls féconds principes d’avenir, de bonheur, soit que les bâtisseurs l’aient compris et viennent à lui, Albert Trachsel s’est accoudé devant les splendides paysages de sa patrie, ses pics et ses glaciers, ses profonds pâturages et ses lacs limpides ; il a longuement goûté, en d’amoureuses heures contemplatives, la joie de comprendre toute cette beauté, - et puis il s’est décidé à nous dire cette joie, et maintenant les œuvres jaillissent de ses yeux, de ses mains, avec une aisance, une certitude, une spontanéité et une personnalité puissantes et charmantes.

Je ne puis qu’indiquer d’un trait sommaire les qualités caractéristiques du paysagiste chez Trachsel. Vous remarquerez d’abord que l’architecte persiste chez le peintre – et de même je notais tout à l’heure que celui-ci était « en puissance » et comme impliqué chez celui-là. C’est surtout par la solidité des assises de la composition, c’est aussi par la puissance soutenue des lignes que se révèle l’artiste habitué à compter, pour l’expression de sa pensée, sur des éléments résistants et qu’il faut assouplir et gouverner sans les contraindre à mentir aux lois de leur nature. Mais vous ne manquerez pas d’observer ensuite que l’exécutant est d’une prodigieuse habileté. Je n’ai point, du reste, à m’arrêter au point de vue technique, et il est assez probable que, sans une connaissance parfaite des ressources – il y a des gens qui les croient limitées ! – de cet art précieux de l’aquarelle, on n’aurait pu nous donner à la fois ces impressions de fraîcheur, de vérité, de réalisme même, et ce délice en quelque sorte musical d’une harmonie librement choisie , voulue, - voulue, oui, mais avec le consentement de la nature. Tout, dans ce grands et petits tableaux, respire la sincérité d’un homme qui s’est proposé de pénétrer dans le secret des choses, et tout y crie la volonté chez ce même homme de subordonner les choses au sentiment qui le domine, qui l’exalte et qu’il a le besoin d’éterniser : arrangez là ! N’est-ce pas contradictoire ? – Pas pour Trachsel, pas pour le véritable artiste. Il sait à fond sa lumière, ses ciels, ses neiges, ses herbages, ses terrains, il en est lui-même une émanation consciente ; ce qu’on peut entreprendre sur tout cela, oser avec tout cela, il le sait, et il sait en outre fortement ce qu’il veut dire.
Il le dit.
CHARLES MORICE "



Plan, Pierre-Paul : Gérardin, 1 p.

" Les quinze toiles exposées ici par Auguste Gérardin sont représentatives, en leur diversité, des étapes franchies par cet artiste dont la technique est d’inspiration exclusivement française. Dans ses portraits, dans ses natures mortes, dans ses paysages, Gérardin – peut être à son insu – ne s’écarte jamais de la tradition des peintres français du dix-huitième siècle.
Il n’a eu aucun maître et s’est formé seul en fréquentant le Louvre. Ses préférences contemporaines l’ont conduit de Courbet aux impressionnistes, en passant par Manet ; mais il ne fut, strictement, de l’école d’aucun d’eux.
Pour son œil fin, les choses sont, par la couleur, douées de vie comme les êtres et il nous donne – voyez ses Pivoines blanches, - de véritables portraits, dans un tableau de fleurs. Par là il relève de l’art de Chardin, ce que l’on peut nier, devant cette délicieuse toile qu’il intitule Fleurs et Fruits.
Réaliste dans son interprétation de la nature, mais seulement séduit par les réalités tendres, gracieuses, et non par toutes les réalités ; coloriste surtout, mais – sentiment rare chez les coloristes de sa génération – sachant l’importance de la ligne et de la forme ; passionné, mais avec douceur, il peint pour l’unique plaisir de peindre. Peindre est pour lui une joie de luxe, une récompense qu’il faut avoir méritée. C’est pour cela qu’il ne s’est pas spécialisé dans un seul genre, qu’il n’a pas adopté une « manière », à l’exclusion de toute autre. Mais son œuvre reste une, de par sa personnalité, et parce que – pour me servir de l’heureuse expression de Fagus – Auguste Gérardin "respecte sa main".
PIERRE-PAUL PLAN "



Morice, Charles : Picasso 2 p.

" Presque tout entière, la génération des artistes qui débutèrent l’an dernier ou l’autre fut, par ses tendances, par les sujets où elle se complaisait comme par ceux qu’elle est interdisait, par ses prédilections pour le laid, le triste, le déformé ou le difforme, - « négative ». Elle parut aimer, elle cultiva presque exclusivement la vie laide, triviale et triste, la misère, le vice, non pas avec cette tendresse apitoyée qui se penche sur la douleur pour en adorer la majesté poignante, mais avec un natif et instinctif pessimisme, farouche et ironique, plus désolant lui-même que le dolent objet de ses prédilections. Cette inquiétante orientation d’esprits jeunes avait bien des causes, que ce n’est point ici le lieu d’exposer. La peinture, du reste, il faut le noter, n’en eut pas le fâcheux privilège, et il ne serait que trop aisé de relever dans la poésie et le roman d’hier les mêmes symptômes morbides, la même complaisance aux visions et aux pensées stériles.
Mail il est permis de parler de ces choses au passé.
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir dans les manifestations actuelles, notamment des arts plastiques, les signes certains du réveil de la foi en la vie, de la joie et de l’orgueil humains. Il ne s’est pas encore illustré (je parle des générations très jeunes) par des splendeurs très éclatantes, soit ; surveillez-le pourtant avec bienveillance, encouragez-le de votre sympathie, et s’il est hésitant donnez-lui, ô vous – amateurs, critiques, public – qui tenez dans vos mains la gloire et la fortune des artistes, donnez-lui, donnez-leur, des gages de votre amour pour lui, de votre espoir en eux.
Le jeune peintre dont voici, à des dates diverses, les œuvres principales, est lui-même une vivante preuve à l’appui de cette thèse optimiste. Les premiers témoignages qu’il donna d’un talent tout de suite incontestable éveillèrent en nous tout ensemble l’admiration et la tristesse. Il n’avait pas vingt ans et déjà il possédait cette effarante certitude du trait, des relations colorées, de la composition, que beaucoup d’artistes cherchent encore au bout d’une longue expérience. Miracle que rien n’explique. C’était à croire qu’en une autre existence, pleine d’années et d’œuvres, cet enfant au regard au regard insistant et sûr avait tout appris ; sans le besoîn désormais d’étudier davantage il ne cessait de produire, quotidiennement, inlassablement, et les dessins, et les gravures, et les tableaux couvraient les murs de son atelier, bientôt s’alignaient en nombreuses et profondes rangées.
Mais de quel formidable et mystérieusement précoce désenchantement procédait cette création inépuisable ! Comme celui qui a dit : « Je suis né avec une blessure », il semblait que Picasso fût condamné par d’irrésistibles puissances à maudire la nature, la vie, l’homme, qu’il eût la mission de magnifier jusqu’au désespoir – lui qui n’avait pas encore eu le temps de les connaître – toutes nos rancunes contre les fatalités de notre destinée. Et pourtant il nous venait d’un pays de soleil et de plaisir, où la journée est longue, douce à gagner, douce à vivre, de l’Andalousie, un des Paradis d’Europe…
Il reste bien quelque chose de sa primitive vision sombre dans les œuvres nouvelles de Picasso. C’est peut-être, en Espagne, un effaçable signe de la race, cette prédilection pour les gestes et les accents du chagrin. N’oublions pas que les compatriotes de Murillo et de Zurbaran se délectent encore aujourd’hui à écouter ces chansons arabes, sanglots rythmes, innombrables variations sur ce thème unique : « Je pleure ». Mais incontestablement, en peu d’années, un changement, qui est une amélioration, s’est produit dans la manière du jeune artiste. Les attitudes se simplifient, les unités se groupent moins minablement, la toile s’éclaire ; ce n’est plus le goût du triste et du laid pour eux-mêmes ; à ce prématuré crépuscule du spleen, qui logiquement eût dû aboutir à la nuit de la désespérance et de la mort, succède, par une bienfaisante anomalie, une brusque lumière : c’est le crépuscule de la Pitié qui point, - c’est le salut.
CHARLES MORICE "
Catalogue Structure
Preface "Trachsel", 2 p.
"Catalogue des œuvres du peintre Trachsel", 1 p.
-„24 Aquarelles", specified but not listed
-„Une peinture à l'huile", specified but not listed
Preface "Gérardin", 1 p.
"Catalogue des œuvres du peintre Gérardin", cat. no. 1-15, 1 p.
Preface "Picasso", 2 p.
"Catalogue des œuvres du peintre Picasso", cat. no. 1-34, 1 p.
„Un Album de dessins.", specified but not listed, after cat. no. 34
Additional Information
Catalogue Structure altered
Other Mediums listed
Note
The year 1905 is not indicated in the catalogue - however it can be found in Gordon.

+Gender Distribution (Pie Chart)

+Artists’ Age at Exhibition Start(Bar Chart)

+Artists’ Nationality(Pie Chart)

+Exhibiting Cities of Artists(Pie Chart)

+Catalogue Entries by Type of Work(Pie Chart)

+Catalogue Entries by Nationality(Pie Chart)

Name Date of Birth Date of Death Nationality # of Cat. Entries
Auguste Gérardin 1849 1933 FR 15
Pablo Picasso 1881 1973 ES 29
Albert Trachsel 1863 1929 CH 25
Recommended Citation: "Exposition d'Œuvres des Peintres Trachsel, Gérardin, Picasso." In Database of Modern Exhibitions (DoME). European Paintings and Drawings 1905-1915. Last modified Jun 17, 2020. https://exhibitions.univie.ac.at/exhibition/12