exhibition

Exposition Edvard Diriks

Ile-de-France - Iles Lofoden - Fjord de Christiania
ID: 247, Status: proof read
Exhibition period:
Dec 6‒18, 1909
Type:
solo
Organizing Bodies:
Galerie Druet
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Catalogue Entries: 73
Types of Work: unknown: 73
Artists: 1
Gender: female: 0, male: 1
Nationalities: 1
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Date Title City Venue Type
Date Title City Venue # of common Artists
Jul 3‒20, 1908 Exposition De Tableaux Modernes Paris Galerie Druet 1 artists
Oct 25‒Nov 10, 1905 Société des Peintres du Paris Moderne.Troisième Exposition Paris Galerie des Artistes Modernes 1 artists
Feb 22‒Mar 25, 1906 La Libre Esthétique. La treizième Exposition Brussels Brussels (exact location unknown) 1 artists
Nov 22‒23, 1910 Collection de M. Albert Bernier Paris Hôtel Drouot 1 artists
Dec 10‒25, 1912 Exhibition of Contemporary Scandinavian Art New York American Art Galleries 1 artists
Jan‒Feb 1912 Hagenbund. Norwegische Künstler Vienna Räume des Künstlerbundes Hagen - Zedlitzgasse 1 artists
Feb 5‒25, 1907 Société des Peintres du Paris Moderne. Quatrième Exposition Paris Grand Palais des Champs Elysées 1 artists
Mar 15‒16, 1911 Tableaux Modernes. Aquarelles - Pastels - Dessins Paris Hôtel Drouot 1 artists
1910 Katalog-Auszug eines Teiles der im Besitze der Modernen Galerie befindlichen Werke Munich Moderne Galerie (Heinrich Thannhauser) 1 artists
Mar 19‒22, 1907 Collection de M. George Viau (Deuxième Vente) Paris Galeries Durand-Ruel 1 artists
Oct 1911 Kunst unserer Zeit in Cölner Privatbesitz Cologne Wallraf-Richartz-Museum 1 artists
May 29‒30, 1906 Vente Aux Enchères Publiques Des Tableaux, Études, Aquarelles, Pastels, Dessins, Eaux-Fortes, Gravures, Sculpture, Objets D'Art Paris Hôtel Drouot 1 artists
Oct 1‒Nov 8, 1908 Salon d'Automne. 6e Exposition Paris Grand Palais des Champs Elysées 1 artists
Oct 6‒Nov 15, 1906 Salon d'Automne. 4e Exposition Paris Grand Palais des Champs Elysées 1 artists
Oct 18‒Nov 25, 1905 Salon d'Automne. 3e Exposition Paris Grand Palais des Champs Elysées 1 artists
Opening Hours
Monday - Saturday Sundays excepted
Catalogue
Exposition Edvard Diriks / Ile-de-France - Iles Lofoden - Fjord de Christiania. 1909.
Nr. of pages: 15.
Holding Institutions: Bibliothèque Kandinsky, Bibliothèque nationale de France
Preface
Arsène, Alexandre: EDVARD DIRIKS, p. 5-9

"EDVARD DIRIKS

La nature étant l'éternel décor des destinées, il suffit qu'un paysage soit peint avec passion et offre un motif grandiose ou bizarre pour que notre imagination le peuple aussitôt des drames qui ont, sans distinction d'époque, fait frissonner l'humanité.

Je me souviens que Cazin, ayant autrefois achevé une peinture crépusculaire où de vieux murs baignaient dans des eaux lugubres, une grande dame anglaise s'écria : « There is a ghost in this picture ! Il y a un fantôme dans ce tableau! » La toile fut baptisée Elseneur.

Quoique peintes dans un esprit et avec un tempérament très différents, je ne puis m'empêcher de situer dans les œuvres d'Edvard Diriks quelques-uns des grands poèmes et des grands drames scandinaves qui nous ont inquiétés ou charmés.

Pour préciser, même, je dirai qu'après avoir vu l'ensemble des tableaux de Diriks que l'on trouvera exposés ici, il m'est devenu impossible de les séparer des tragédie d’Ibsen. Tout particulièrement ce sera dans ce décor que je me relirai la Dame de la mer et certaines scènes des Revenants. Il me semble que je n’avais pas compris ces chefs-d’œuvres avant d’avoir eu la révélation de ces rivages, de ces arbres, de ces îles, de ces ciels aux harmonies tour à tour radieuses ou sinistres, mais émouvantes toujours. L’impétuosité des aquilons, le torrentueux amoncellement de ces nuées à la fois lourdes et véhémentes, les alternances de limpidité et d’opacité de l’atmosphère, ces paysages tour à tour de soie et de suie, de poix et d’opale, et dans tout cela la grisante et immense chanson dans l’air, - n’est-ce pas là l’accompagnement tout naturel, le décor pour ainsi dire obligé pour les personnages si complexes, parfois si mobiles, parfois si intenses du grand psychologue norwégien ?

Edvard Diriks est un dramaturge de paysages comme Ibsen fur un paysagiste d’âmes. Il est impossible de voir se dérouler la suite de ses peintures sans être surpris, troublé et enfin subjugué.

Je ne sais pas si c’est un grand peintre, mais il y a sûrement du grand peintre en lui. Et c’est bien la chose la plus rare maintenant, où tant de gens sont raisonnables sous des airs agités. Lui n’est point agité, mais passionné. Il peint comme les vieux guerriers de sa race allaient se battre, avec une espèce de joie terrible. Il n’est jamais si heureux que lorsque la neige tombe en tourmente et que les nuées secouent leurs crinières entre les massives assises de l’inébranlable fjord. Et pourtant ce vaillant est en même temps un tendre. Quand l’été est arrivé, que la lumière s'est faite caresse, et qu'aux ciels qui allaient jusqu'au brun le plus accablant vont jusqu'à l'azur le plus subtil, il est heureux de dire, avec son robuste pinceau, que sur les mêmes rivages on peut songer aussi aux douceurs d'une existence contemplative, reposée, propre aux plus sains épanchements. Si la faculté de suggérer tant d'émotions diverses par les couleurs étalées avec enthousiasme ne constitue pas le grand peintre, je ne sais pas trop qui l'on doit considérer comme tel.

JI est temps que l'on donne à ce très bel artiste la place qu'il a attendue avec la patience des forts ; et il deviendrait même injuste de la lui marchander encore. Cette exposition le montre sous tous ses aspects, et l'on sera surpris de leur diversité et de leur étendue.

A côté des paysages de Norwège que je viens d'essayer de caractériser dans la mesure restreinte où les mots peuvent refléter les couleurs, on verra des coins de l'Ile-de-France étudiés par cet homme du Nord avec une cordialité émue, et toujours cette puissance, cette noblesse robuste qu'il ne peut s'empêcher de mettre en toutes choses; on verra aussi des sites de Bretagne où Diriks a senti l'opiniâtreté de la nature comme il avait, dans son propre pays, senti son exaltation.

Puis, remontant au septentrion, et plus haut encore que le fjord favori dont il a noté les sombres et les doux moments, il nous rapporte l'étonnante, la féerique révélation des îles Lofoden. Ici le jeu de la couleur atteint les splendeurs que nous sommes habitués à assigner au seul Orient.

C'est sur des blocs gigantesques de jaspe et de lapis que la Vierge des légendes, abandonnant sur le pic son voile de neiges éternelles, échappa aux poursuites des géants pétrifiés juste au moment où elle se sentait perdue.
C'est dans une farouche et âpre station entre la mer et le ciel que l’on ensevelit Ifs morts. Ce cimetière de l'île Lofoden ! C'est vraiment un tableau unique et dans l'oeuvre de Diriks et dans la peinture de notre temps. En le contemplant j'ai eu, tout au moins un instant, la vision que tout de même, peut-être, la mort n'était qu'une escale au cours d'une navigation vers quelque chose. Diriks a dû en avoir lui aussi quelque frisson; ses ancêtres doivent lui avoir laissé dans le sang un atavisme capable de lui faire sentir vaguement et peindre puissament cette acceptation de l'embarquement sans fin.

Il est encore un tableau qui m'a un peu inquiété et beaucoup ravi dans son œuvre : c'est une vue du fjord avec un bateau à voile jaune. Il paraît que l'on en rencontre assez souvent de tels le long de ces rivages. Les habitants ne les regardent pas sans quelque malveillance. Ils sont la propriété, ou la conquête, de Bohémiens qui, de temps à autres, débarquent pour exercer leur industrie de chaudronniers, de vanniers ou de diseurs de bonne aventure. La mer a ses chemineaux et ses tziganes, comme la terre ! Il y a des roulottes qui affrontent les roulis! J'avoue que ce dernier détail a pour moi ajouté à la saveur originale et sauvage des peintures de Diriks.

Vous trouverez certainement un grand plaisir en compagnie de cette œuvre émouvante et candide, où la furie de la couleur n'est pas cependant un jeu de hasard, mais au contraire agit d'autant plus sur le spectateur qu'elle a pour appui un dessin ample et solide, le dessin d’un homme qui a senti le sol ferme sous ses pas, tandis que son front était vivifié par la brise.

ARSÈNE ALEXANDRE"
Catalogue Structure
"Ile-de-France", cat. no. 1-22, p. 11-12

"Le Fjord de Christiania", cat. no. 24-63, p. 12-14

"Iles de Lofoden", cat. no. 64-72. p. 15

+Gender Distribution (Pie Chart)

+Artists’ Age at Exhibition Start(Bar Chart)

+Artists’ Nationality(Pie Chart)

+Exhibiting Cities of Artists(Pie Chart)

+Catalogue Entries by Type of Work(Pie Chart)

+Catalogue Entries by Nationality(Pie Chart)

Name Date of Birth Date of Death Nationality # of Cat. Entries
Karl Edvard Diriks 1855 1930 NO 73
Recommended Citation: "Exposition Edvard Diriks." In Database of Modern Exhibitions (DoME). European Paintings and Drawings 1905-1915. Last modified Jan 21, 2020. https://exhibitions.univie.ac.at/exhibition/247